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samedi 16 avril 2016

Via Nebula

Un jeu de Martin Wallace
illustré par Vincent Joubert
édité par Space Cowboys
2016



Nombre de joueurs : Pour 2 à 4 joueurs

Age : 10 ans et +

Durée d'une partie : env. 60 minutes

Mécanismes :
  • Gestion
  • Tuiles / Action
Le thème :
Architecture
Médiéval fantastique

But du jeu :
Accumuler des points (représentant gloire, prestige et richesse) au cours de la partie (principalement en réalisant des contrats et en ouvrant des exploitations). Le joueur qui termine la partie avec le plus grand nombre de points est déclaré vainqueur.

Descriptif éditeur :
Nebula a besoin de vous tous… Mais un seul l’emportera !

Reconstruisez Nebula, la vallée envahie par les brumes ! Pour cela, les joueurs devront développer exploitations, réseau de transport et bâtiments. Chaque édifice rapportera non seulement des points, mais aussi des bénéfices à son bâtisseur. Mais un joueur seul ne pourra pas réaliser tous ses objectifs : Via Nebula est un jeu de « coopétition ».

Il faudra collaborer pour construire des routes et les ressources les plus lucratives. Les ressources sont à disposition de tous les joueurs, mais les édifices ne sont accessibles que pour un joueur : celui qui s’empressera d’en lancer le chantier ! Au final, un seul joueur l’emportera.
Planifiez, bâtissez et soyez plus malin que les autres !

La coopétition : coopérez pour l’emporter sur les autres !

Le dernier jeu de Martin Wallace : original tout en restant classique !

Des illustrations et une ambiance pour les familles et les joueurs expérimentés.

Ce que j’en pense :
Dans Via Nebula, chaque joueur dispose à son tour de deux actions qu’il peut choisir parmi six disponibles (faire deux actions identiques est autorisé). Il peut :


  • - Poser un artisan pour ouvrir une exploitation. Les ressources ainsi révélées seront disponibles pour tous les joueurs. Le joueur reçoit alors un jeton disposant d’un nombre variable de points de victoire. Il ne pourra récupérer son artisan que lorsque l’exploitation sera vide.
  • - Poser un chantier. On ne peut poser un chantier que sur une certaine sorte de terrain. Ils serviront à entreposer les ressources en attente de construction.
  • - Explorer une zone de brume en la recouvrant d’une tuile représentant une zone de plaine vide.
  • - Explorer une forêt pétrifiée en la recouvrant d’une tuile représentant une zone de plaine vide. Cette action consomme les deux points d’action disponibles.
  • - Transporter une ressource d’une exploitation jusqu’à un chantier en empruntant uniquement des tuiles représentant des zones de plaine vide.
  • - Construire un bâtiment.

Lorsqu’un joueur construit un bâtiment (combinaison de ressources), il reçoit une carte correspondant au type de bâtiment érigé sur laquelle figure un nombre de points de victoire variant en fonction du nombre de ressources utilisées.
Celui qui construit son dernier bâtiment déclenche la fin de partie et chacun de ses adversaires aura alors un dernier tour.

On compte ensuite les points (jetons + cartes + tuiles exploration découvertes) auxquels on soustrait les ressources non utilisées en sa possession.

Le joueur ayant le plus de points remporte la partie.

Via Nebula est un jeu au thème anecdotique dont l’intérêt réside essentiellement en la corrélation de mécanismes classiques qui donnent des parties fluides et intenses.

La simplicité relative des actions disponibles cache en fait un jeu aux aspects tactiques déterminants et le fait de rendre les ressources des exploitations utilisables par tous implique dès le début de la partie des choix stratégiques de placement importants. Il faudra bien avoir en tête que de nombreuses actions pourront aussi avantager les adversaires (ressources et routes), ce qui confère également au jeu une bonne dose d’opportunisme.

L’interaction entre les joueurs est suffisamment importante pour contraindre chacun à prévoir ses coups à l’avance et, en présence de joueurs confirmés, la moindre petite erreur pourra avoir des conséquences difficilement rattrapables.

La présence du double plateau de jeu (un côté débutant et un côté expert) permet un apprentissage aisé des règles et offre une bonne jouabilité avec de jeunes joueurs.

A l’instar d’un Splendor, les Space Cowboys nous gratifient à nouveau d’un jeu au thème plaqué mais d’une grande profondeur tactique et opportuniste. Les règles et mécanismes très simples permettent une appréhension très rapide du jeu, dont chaque action devra être pensée et réfléchie. Un bon jeu sans être exceptionnel.

Ce jeu s’adresse :
Public familial
Joueurs confirmés

Les points positifs :
Règles et mécanismes très simples, tout à fait compréhensibles par les plus jeunes (9-10 ans avec des enfants ayant l’habitude de jouer),
Tactique et opportunisme importants pour des joueurs exigeants,
Réelle interaction.

Réserves :
Thème plaqué inexistant,
Durée de vie (le jeu va-t-il résister aux nombreuses parutions prévues) ?
Pas convaincu par le jeu à deux. Meilleures configurations à 3 ou 4.

Matériel :
Les Space Cowboys nous ont habitué à du matériel de qualité et Via Nebula ne déroge pas à la règle. De nombreuses tuiles, jetons et un plateau de jeu en carton épais. Des cartes de bonne qualité aux illustrations naïves et agréables façon BD. Des plateaux individuels en carton souple regroupant les différentes actions possibles. Enfin, de nombreux bâtiments, artisans et ressources en bois sculptés et colorés. Malheureusement, le tout est fourni avec un thermoformage peu pratique qu’il faudra manipuler avec précaution pour ne pas abîmer les jetons en carton ou pour ranger et sortir les différentes pièces en bois (cela devrait être corrigé dans les futures éditions).






La fiche du jeu Via Nebula sur Jedisjeux.

La fiche du jeu Via Nebula sur Tric Trac.


La fiche du jeu Via Nebula sur le site de l'Association philÔjeux.

samedi 21 novembre 2015

Shakespeare

Un jeu de RV Rigal
illustré par Neriac et Arnaud Demaegd
édité par Ystari Games
2015



Nombre de joueurs : Pour 1 à 4 joueurs

Age : 13 ans et +

Durée d'une partie : env. 60 minutes

Mécanismes :
  • Combinaisons
  • Gestion
  • Points d'action
Le thème :
Théâtre.

But du jeu :
Vous avez 6 jours pour monter la pièce la plus grandiose possible et la présenter à la reine Elisabeth I. Pour cela, recrutez des acteurs et des artisans, montez des décors en symétrie, fabriquez des costumes et répétez. La clef du succès tient dans la persévérance ! Serez-vous le nouveau Shakespeare ?

Descriptif éditeur :
Six jours pour brûler les planches !

Les théâtres de Londres sont en émoi. Dans une semaine, sa majesté la Reine assistera à leurs nouveaux spectacles et accordera son soutien à l’une des troupes.

C’est l’occasion d’une vie pour les jeunes auteurs qui enflamment la populace avec des pièces toujours plus audacieuses et bigarrées. Mais comment créer un chef-d’oeuvre en si peu de temps ? 

Celui qui possède la réponse à cette épineuse question entrera probablement dans la légende des siècles !

Ce que j’en pense :
Chaque joueur incarne un auteur qui va devoir gérer la création théâtrale de sa pièce de A à Z en recrutant les acteurs, en embauchant les artisans spécialisés en construction des décors et confection des costumes, et en finalisant la mise en scène jusqu'à la "Générale".

Après la mise en place, le jeu se déroulera en une succession de 6 journées pendant lesquelles les joueurs pourront, en alternance, effectuer une action parmi :
- Recruter (obligatoire, une seule fois par journée) : au choix parmi des figurants, des acteurs, des artisans (costumière et décorateur), ou des personnages spéciaux (Orfèvre, Assistant, Reine),
- Activer un personnage en posant un de ses jetons activation (de 1 à 5 par journée) sur celui-ci :

  • - Activer un acteur permettra d'avancer dans la mise en scène de la pièce,
  • - Activer une costumière permettra de costumer les acteurs,
  • - Activer un décorateur permettra la construction et la mise en place du décor.

Ces trois activations permettront de gagner des points de prestige, garants de la victoire finale.

  • - Activer les personnages spéciaux rapportera des avantages ponctuels.

A la fin de la sixième journée, le joueur avec le plus de points de prestige gagne la partie.

On retrouve avec Shakespeare la saveur des gros jeux de gestion signés Ystari, comparable à un Caylus (en un peu moins complexe néanmoins) ou un Myrmes. La diversité des axes de développement induit des choix tactiques nombreux et nécessite la mise en place d'une stratégie dès le début du jeu. On pourra choisir un développement harmonieux (mise en scène, costumes et décors) ou privilégier deux des trois axes. On évitera de n'en choisir qu'un seul, trop dangereux en cas de blocage des adversaires notamment. Car dans shakespeare, même si l'interaction n'est pas le mécanisme principal du jeu et que l'on peut parfois se développer relativement tranquillement, le nombre réduit des comédiens, des éléments de décor ou de costumes lors de chaque journée va forcément amener des convoitises et des situations de blocages pour les joueurs désirant les mêmes pièces.

Avec des mécanismes somme toute classiques pour ce type de jeu (points d'action / gestion des pouvoirs d'activation) la grande originalité de Shakespeare vient de son thème : le théâtre, très peu exploité dans le monde du jeu de société. Souvent représenté par des jeux ou l'improvisation domine, on a ici la gestion d'une pièce de théâtre dans son intégralité, allant du recrutement des différents personnages (acteurs et artisans) jusqu'à la représentation Générale. A contrario, ce qui fait l'attrait du jeu peut aussi le désavantager si les joueurs ne sont pas réceptifs au thème. Les parties deviendront alors une suite de réflexions calculatoires sans piment ludique.

Mais pour peu qu'on adhère au thème, on pourra découvrir un jeu au matériel attractif et coloré, collant parfaitement à l'ambiance induite, accompagné d'une règle claire, lisible et agrémentée de nombreux exemples et illustrations.
Les parties seront très tendues et d’une durée acceptable si les joueurs ne sont pas de gros calculateurs.
Les tours s'enchaînent et les mécanismes participent activement à l'imprégnation du thème.
Au final, Shakespeare est un bon jeu de gestion, classique par ses mécanismes, mais très original par son thème.

On le réservera aux joueurs expérimentés.

Ce jeu s’adresse :
Joueurs confirmés.

Les points positifs :
Originalité du thème,
Parties relativement rapides pour un jeu de gestion,
Efficacité des mécanismes.

Réserves :
Parties ternes si l'on n'adhère pas au thème,
Interaction limitée.

Matériel :
Excellente qualité, collant parfaitement au thème. Des cartes joliment illustrées - un plateau principal, des plateaux individuels et plus d'une centaine de jetons en carton épais - des cylindres, disques et pion en bois coloré - différentes aides de jeu. Tout cela pouvant être rangé dans une boîte thermoformée.






La fiche du jeu Shakespeare sur le site de l'Association philÔjeux.