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mardi 11 octobre 2016

Les châteaux de Bourgogne : Le jeu de cartes

Un jeu de Stefan Feld
illustré par Harald Lieske, Julien Delval
édité par Alea, Ravensburger
2016



Nombre de joueurs : Pour 1 à 4 joueurs

Age : 12 ans et +

Durée d'une partie : entre 30 et 90 minutes

Mécanismes :
  • Collections
  • Dés
  • Développement - Commerce
Le thème :
Médiéval
Développement de domaine

But du jeu :
Obtenir le plus de points de victoire via des actions stratégiques telles que le commerce, la construction de villes, l'acquisition de connaissances scientifique ou l'exploitation minière.

Descriptif éditeur :
Le jeu de cartes adapté du jeu de plateau
Les souverains de la vallée de la Loire tentent de développer leur principauté plus rapidement que leurs voisins, grâce au commerce et au progrès. Utilisez vos cartes "dés" adroitement en fonction des actions disponibles. Si les échanges commerciaux, l'économie, le bétail, la construction de villes ou la progression des connaissances sont des stratégies bien différentes, toutes rapportent des points de victoire.
À vous d'en obtenir le plus possible pour remporter la partie.
Principe de jeu :
Incarnez des souverains du XVème siècle usant du commerce pour faire prospérer leur domaine.
Adapté du célèbre jeu de plateau de Stefan Feld, le jeu ne voit pas disparaître les dés. En effet, tour à tour, choisissez l’une des deux cartes Action que vous avez en main. Sur ces cartes figurent des faces de dés permettant de réaliser plusieurs actions :
- ramasser une carte d’une rangée dont la valeur correspond à celle du dé choisi
- placer un projet dans votre domaine
- vendre des marchandises
Vous pouvez aussi jouer des cartes Ouvrier qui vous permettent de modifier la valeur de ces dés.
Choisissez les meilleures cartes, vendez des marchandises, diversifiez votre élevage, soyez le premier à collectionner 3 cartes du même type et amassez en 5 manches le maximum de points de victoire.

Points forts :
Adapté du jeu de plateau de Stefan Feld,
Un jeu de carte avec une vraie profondeur de jeu,
Des parties sans temps mort.

Ce que j’en pense :
En jouant aux châteaux de Bourgogne - Le jeu de cartes, les amateurs du jeu de plateau éponyme seront en pays de connaissance avec des graphismes et des mécanismes très semblables.
Après une mise en place assez longue qui nécessite de plus une grande table, Les joueurs se retrouvent avec une pile de six cartes dont ils prennent les deux premières. Sur les cartes, une face de dé est représentée, ainsi que l'illustration et le pouvoir associé. A son tour, les joueurs vont devoir choisir une de leurs deux cartes pour faire une action parmi :
  • Prendre une des cartes développement (Mine, Connaissance, Navire, Pâturage ou Bâtiments) disponible, en fonction du dé représenté sur la carte jouée, et la placer dans ses projets.
  • Placer un projet dans son domaine si le dé représenté par la carte jouée correspond au dé de la carte à placer. Le joueur bénéficie alors immédiatement du pouvoir de la carte déplacée.
  • Vendre des marchandises, toujours en fonction du dé représenté par la carte jouée. Cela permet d'acquérir immédiatement des points de victoire et des pépites.
  • Compléter ses ouvriers à deux cartes, si son nombre d'ouvrier disponible est inférieur à 2. Cette action nécessite de jouer une carte, mais ne tient pas compte du dé.
  • Prendre une pépite d'argent. Cette action nécessite de jouer une carte, mais ne tient pas compte du dé.
  • Convertir des ouvriers et/ou des pépites d'argent en points de victoire (une combinaison de trois cartes pour 1 PV). Cette action nécessite de jouer une carte, mais ne tient pas compte du dé.
Les ouvriers permettent d'augmenter ou de réduire de 1 le nombre inscrit sur le dé de la carte jouée. On peut cumuler l'action de plusieurs ouvriers.
L'argent permet, en dépensant 3 pépites, de bénéficier d'une action gratuite une seule fois pendant son tour.

Après avoir joué une carte, on en pioche une nouvelle.

A la fin des 6 tours de jeu (correspondants aux 6 cartes) la manche est terminée, une autre se prépare. Le jeu se termine au terme de la cinquième manche.

Il existe de nombreuses façons d'obtenir des points de victoire :
  • Vendre des marchandises,
  • Convertir une combinaison de 3 cartes ouvriers/pépites,
  • Chaque collection de 3 cartes de même couleur placées dans le domaine permettra d'obtenir les points de victoire associés aux différentes cartes,
  • Posséder une collection d'animaux différents,
  • De nombreux bonus sont accessibles pendant la partie,
  • Enfin, la carte premier joueur rapportera 1 PV à celui qui la détiendra en dernier.
Les châteaux de Bourgogne - Le jeu de cartes est un jeu très riche. L'auteur, Stefan Feld (Trajan, Aquasphere, Bruges,...), a su parfaitement retrouver l'atmosphère du jeu de plateau grâce à des mécanismes très proches et une unité graphique. Après quelques tours d'initiation qui permettent de bien mémoriser toutes les actions possibles, les tours suivants s'enchaînent sans temps mort. La simplicité des actions à disposition rend les parties très fluides, ce qui n'aurait pas semblé forcément évident après la lecture (laborieuse) des règles. On est même surpris qu'un jeu de cette profondeur soit (relativement) aussi facile d'accès. Les nombreuses façons de scorer multiplient les choix stratégiques qui permettront de se dégager d'une situation délicate, par exemple si une carte convoitée a été prise par un adversaire. De plus, la multiplicité des cartes donne lieu à un bon renouvellement des parties et la relative rapidité de celles-ci (entre 30 minutes à 2 joueurs et 90 minutes à 4) permettra de les enchaîner.
Le hasard, un peu plus présent que dans le jeu de plateau, pourra facilement être atténué grâce aux cartes ouvriers. L’interaction n'est pas le point fort du jeu, mais elle a tout de même le mérite d'exister un peu, dans la mesure où il sera intéressant de contrôler le développement des adversaires pour éviter de choisir les mêmes collections.
Enfin, un mode solo digne d'intérêt bien qu'assez difficile permettra d'appréhender les règles tout en jouant.
Dans le coin des reproches, on pourra regretter une règle nécessitant de bonnes lunettes (tout au moins pour ma part) et une absence d'aide de jeu qui aurait été bienvenue. Heureusement, on peut maintenant en trouver d'excellentes sur internet conçue par des joueurs passionnés.

En conclusion, pour moins de 15 euros, on a un jeu profond, à la mécanique fluide, avec lequel on prend autant de plaisir ludique à chaque partie. Il serait dommage de s'en priver...

Ce jeu s’adresse :
Joueurs confirmés

Les points positifs :
Beaucoup de richesse et de profondeur pour un jeu de cartes,
Reprise réussie du thème et des mécanismes du jeu de plateau éponyme,
Prix.

Réserves :
Une règle touffue, peu agréable à lire.
Pas d'aide de jeu.

Matériel :
240 cartes de bonne qualité aux illustrations collant parfaitement au thème médiéval. On pourra trouver dans les boutiques spécialisées des protèges-cartes adaptés qui prolongeront la durée de vie du jeu.
La boîte de petite taille permettra de plus un transport aisé.






La fiche du jeu Les châteaux de Bourgogne - Le jeu de cartes sur Jedisjeux.

La fiche du jeu Les châteaux de Bourgogne - Le jeu de cartes sur Tric Trac.

mardi 8 décembre 2015

XenoShyft Onslaught

Un jeu de Michael Shinall et Keren Philosophales
illustré par Alejandro Raul Mirabal, Jonathan Gonzalez Gomez et Jeff Yu
édité par Edge Entertainment et CoolMiniOrNot
2015



Nombre de joueurs : Pour 1 à 4 joueurs

Age : 14 ans et +

Durée d'une partie : env. 60 minutes

Mécanismes :
  • Coopération - Alliance
  • Management - Choix de cartes
Le thème :
Science fiction

But du jeu :
Défendre efficacement la Base pendant neuf rounds pour que la mission soit couronnée de succès.

Descriptif éditeur :
XenoShyft est un jeu conçu pour 1 à 4 joueurs, chacun dirigeant l’une des Divisions de l’armée de NorTec : le Laboratoire, l’Infirmerie, l’Armurerie, l’Atelier de Recherche, la Caserne et l’Amirauté. Chacun de ces départements représente l’une des sections de la Base NorTec. À vous de la protéger pendant qu’elle mène à bien ses opérations sur le terrain.

Vous allez devoir coopérer efficacement avec vos équipiers pour ne pas succomber aux assauts incessants d’impitoyables abominations. Le but de votre mission n’est pas d’éradiquer cette menace, mais simplement d’y résister assez longtemps ! Tenez bon pendant neuf rounds contre ces horreurs afin que la Base accomplisse sa mission : vous pourrez ainsi survivre avec vos alliés pour continuer la lutte !

Ce que j’en pense :
Dans XenoShyft Onslaught, chaque joueur dirige une des six divisions de l'armée de NorTec et va devoir, durant les neuf rounds que dure la partie, repousser une invasion d'insectes mortels. Cette invasion se déroulera en trois vagues qui verront les insectes gagner en force et capacités au fur et à mesure des assauts.
Le round de jeu se compose de cinq phases :

  • La phase de pioche pendant laquelle les joueurs complètent leur main à six cartes.
  • La phase d'acquisition des ressources pendant laquelle les joueurs pourront acheter (s'ils ont suffisamment de Xenosathem, moyen de paiement dans le jeu) des objets et/ou des soldats de plus en plus puissants.
  • La phase de déploiement pendant laquelle chacun va organiser ses soldats sur la ligne de front.
  • La phase de combat ou il va falloir essayer de repousser les terribles bêtes avant qu'elles n'atteignent la base.
  • La phase de Bilan durant laquelle on estime les dégâts, on peut défausser des cartes encore en main, on ravitaille les objets épuisés et on fait progresser le compteur de Vague d'un point.


XenoShyft Onslaught est un jeu de deckbuilding - dans lequel on va faire évoluer son paquet de cartes de départ tout au long de la partie - mâtiné de Tower Defense, où il faudra résister à des assauts de plus en plus violents. Le but étant de récupérer des cartes de puissance croissante pour pouvoir faire face aux différents assauts ennemis. Il s'agit de plus d'un des rares jeux de ce style à être coopératif, à savoir que tous les joueurs gagneront ou perdront ensemble. Et de la coopération, il va y en avoir besoin car, autant le dire, le jeu est très difficile et il sera rare durant les premières parties de passer le sixième round. Comme dans tout jeu de construction de paquet, une bonne connaissance des cartes sera un atout indéniable pour maîtriser les meilleures combinaisons qui serviront à contrer tel ou tel monstre.

Passée la phase d'apprentissage des règles (dans lesquelles malheureusement quelques zones d'ombre subsistent), le jeu est assez fluide, avec des phases pouvant se jouer simultanément. Seule la phase de combat se déroulera à tour de rôle, avec néanmoins la possibilité laissée aux joueurs de jouer des cartes en soutien lors du tour d'un autre. L'originalité étant que les cartes jouées par les alliés lors de notre tour termineront dans notre défausse. Il faudra donc tout au long de la partie bien gérer ses cartes pour déterminer celles qui seront à partager et celles qui seront à conserver.
Hormis une difficulté très élevée et une victoire dépendante en grande partie du tirage des objets de départ (neuf objets tirés aléatoirement et dont l'absence de certains sera très préjudiciable), on pourra aussi regretter des mécanismes un peu répétitifs, pouvant engendrer une certaine lassitude face à une partie que l'on sait perdue d'avance. De plus, la durée de jeu de 60 minutes indiquée sur la boîte sera largement dépassée lors des premières parties à quatre joueurs.

Mais si l'on commence à maîtriser un peu les cartes et que l'on a un bon stock d'objets à disposition, les parties pourront être tendues, génératrices d'adrénaline, dans une ambiance rappelant indéniablement celle du film Starship Trooper. Les illustrations, très réalistes, concourent à l'immersion et les nombreuses défaites pourront être l'occasion de rejouer pour essayer de nouvelles stratégies.

Au final, XenoShyft Onslaught est un jeu pas inintéressant une fois les cartes maîtrisées. L'aspect coopératif ne prendra toute sa valeur qu'après quelques parties et un acharnement ludique pourra laisser entrevoir la victoire, pour peu que l'on ne se soit pas lassé avant.
Une FAQ (Foire Aux Questions) est aussi très attendue pour préciser certaines règles et des extensions seront fortement conseillées pour allonger la durée de vie du jeu.

Ce jeu s’adresse :
Joueurs confirmés.

Les points positifs :
Aspect coopératif,
Illustrations permettant l'immersion dans le thème,
Tours de jeu assez fluides.

Réserves :
Difficulté élevée,
Peut être répétitif et lassant,
Règle pouvant être clarifiée.

Matériel :
425 cartes de bonne qualité aux illustrations permettant une bonne immersion dans le thème. Les différents plateaux de jeu (Vague, Objets et lignes de front) sont en carton un peu léger. Ils risquent très rapidement de subir les effets du jeu et de se gondoler. Les jetons Capacité et Dégâts sont en plastique, également très léger, et mériteraient, pour les premiers, une clarification des règles quant à leur utilisation.





La fiche du jeu XenoShyft Onslaught sur le site de l'Association philÔjeux.

samedi 21 novembre 2015

Shakespeare

Un jeu de RV Rigal
illustré par Neriac et Arnaud Demaegd
édité par Ystari Games
2015



Nombre de joueurs : Pour 1 à 4 joueurs

Age : 13 ans et +

Durée d'une partie : env. 60 minutes

Mécanismes :
  • Combinaisons
  • Gestion
  • Points d'action
Le thème :
Théâtre.

But du jeu :
Vous avez 6 jours pour monter la pièce la plus grandiose possible et la présenter à la reine Elisabeth I. Pour cela, recrutez des acteurs et des artisans, montez des décors en symétrie, fabriquez des costumes et répétez. La clef du succès tient dans la persévérance ! Serez-vous le nouveau Shakespeare ?

Descriptif éditeur :
Six jours pour brûler les planches !

Les théâtres de Londres sont en émoi. Dans une semaine, sa majesté la Reine assistera à leurs nouveaux spectacles et accordera son soutien à l’une des troupes.

C’est l’occasion d’une vie pour les jeunes auteurs qui enflamment la populace avec des pièces toujours plus audacieuses et bigarrées. Mais comment créer un chef-d’oeuvre en si peu de temps ? 

Celui qui possède la réponse à cette épineuse question entrera probablement dans la légende des siècles !

Ce que j’en pense :
Chaque joueur incarne un auteur qui va devoir gérer la création théâtrale de sa pièce de A à Z en recrutant les acteurs, en embauchant les artisans spécialisés en construction des décors et confection des costumes, et en finalisant la mise en scène jusqu'à la "Générale".

Après la mise en place, le jeu se déroulera en une succession de 6 journées pendant lesquelles les joueurs pourront, en alternance, effectuer une action parmi :
- Recruter (obligatoire, une seule fois par journée) : au choix parmi des figurants, des acteurs, des artisans (costumière et décorateur), ou des personnages spéciaux (Orfèvre, Assistant, Reine),
- Activer un personnage en posant un de ses jetons activation (de 1 à 5 par journée) sur celui-ci :

  • - Activer un acteur permettra d'avancer dans la mise en scène de la pièce,
  • - Activer une costumière permettra de costumer les acteurs,
  • - Activer un décorateur permettra la construction et la mise en place du décor.

Ces trois activations permettront de gagner des points de prestige, garants de la victoire finale.

  • - Activer les personnages spéciaux rapportera des avantages ponctuels.

A la fin de la sixième journée, le joueur avec le plus de points de prestige gagne la partie.

On retrouve avec Shakespeare la saveur des gros jeux de gestion signés Ystari, comparable à un Caylus (en un peu moins complexe néanmoins) ou un Myrmes. La diversité des axes de développement induit des choix tactiques nombreux et nécessite la mise en place d'une stratégie dès le début du jeu. On pourra choisir un développement harmonieux (mise en scène, costumes et décors) ou privilégier deux des trois axes. On évitera de n'en choisir qu'un seul, trop dangereux en cas de blocage des adversaires notamment. Car dans shakespeare, même si l'interaction n'est pas le mécanisme principal du jeu et que l'on peut parfois se développer relativement tranquillement, le nombre réduit des comédiens, des éléments de décor ou de costumes lors de chaque journée va forcément amener des convoitises et des situations de blocages pour les joueurs désirant les mêmes pièces.

Avec des mécanismes somme toute classiques pour ce type de jeu (points d'action / gestion des pouvoirs d'activation) la grande originalité de Shakespeare vient de son thème : le théâtre, très peu exploité dans le monde du jeu de société. Souvent représenté par des jeux ou l'improvisation domine, on a ici la gestion d'une pièce de théâtre dans son intégralité, allant du recrutement des différents personnages (acteurs et artisans) jusqu'à la représentation Générale. A contrario, ce qui fait l'attrait du jeu peut aussi le désavantager si les joueurs ne sont pas réceptifs au thème. Les parties deviendront alors une suite de réflexions calculatoires sans piment ludique.

Mais pour peu qu'on adhère au thème, on pourra découvrir un jeu au matériel attractif et coloré, collant parfaitement à l'ambiance induite, accompagné d'une règle claire, lisible et agrémentée de nombreux exemples et illustrations.
Les parties seront très tendues et d’une durée acceptable si les joueurs ne sont pas de gros calculateurs.
Les tours s'enchaînent et les mécanismes participent activement à l'imprégnation du thème.
Au final, Shakespeare est un bon jeu de gestion, classique par ses mécanismes, mais très original par son thème.

On le réservera aux joueurs expérimentés.

Ce jeu s’adresse :
Joueurs confirmés.

Les points positifs :
Originalité du thème,
Parties relativement rapides pour un jeu de gestion,
Efficacité des mécanismes.

Réserves :
Parties ternes si l'on n'adhère pas au thème,
Interaction limitée.

Matériel :
Excellente qualité, collant parfaitement au thème. Des cartes joliment illustrées - un plateau principal, des plateaux individuels et plus d'une centaine de jetons en carton épais - des cylindres, disques et pion en bois coloré - différentes aides de jeu. Tout cela pouvant être rangé dans une boîte thermoformée.






La fiche du jeu Shakespeare sur le site de l'Association philÔjeux.

dimanche 1 novembre 2015

L'Auberge sanglante

Un jeu de Nicolas Robert
illustré par Weberson Santiago
édité par Pearl Games
2015



Nombre de joueurs : Pour 1 à 4 joueurs

Age : 14 ans et +

Durée d'une partie : env. 60 minutes

Mécanismes :
  • Combinaisons
  • Management, choix de cartes
Le thème :
Faits divers

But du jeu :
Les joueurs incarnent les membres d'une famille d'aubergistes cupides dans laquelle c’est chacun pour soi ! En fin de partie les comptes seront faits : le plus riche des aubergistes sera proclamé grand vainqueur !

Descriptif éditeur :
1831, dans un coin reculé de l’Ardèche, le petit village de Peyrebeille voit le passage de nombreux voyageurs... 
Une famille de cupides paysans du cru est bien décidée à faire fortune et a mis au point un stratagème diabolique pour parvenir à ses fins : investir dans une auberge pour détrousser ses clients et s’enrichir sans éveiller les soupçons des forces de l’ordre ! Que leur plan se déroule comme prévu ou non, une chose est certaine : tous les clients ne sortiront pas vivants de cette auberge...

Ce que j’en pense :
L'auberge sanglante rappelle un fait divers macabre qui s'est déroulé autour des années 1830 dans la montagne ardéchoise. La triste affaire s'est terminée misérablement par la condamnation à mort de deux aubergistes cupides et de leur valet, accusés de vols et d'assassinat. Au terme du procès et d'un voyage qui s'est déroulé dans une ambiance excessivement malsaine, les trois personnes ont été guillotinées en public dans la cour de leur auberge.

Dans l'auberge sanglante, chaque joueur incarne un des membres de la famille des aubergistes qui va tenter par différents moyens (dont le meurtre) de s'enrichir plus que les autres.
Chaque partie comporte deux manches divisées en tours de jeu.
Chaque tour de jeu s'effectue en trois phases.

Phase 1 : le soir - C'est l'accueil des voyageurs (cartes personnages piochées et placées dans les chambres de l'auberge).

Phase 2 : la nuit - Les joueurs vont devoir effectuer deux actions parmi lesquelles :

  • corrompre un client : prendre en main une des cartes client de l'auberge, qui devient alors un comparse.
  • construire une dépendance : poser devant soi une des cartes de sa main qui devient une dépendance de l'auberge agrémenté d'un effet immédiat ou permanent.
  • tuer un client : poser devant soi une des cartes client de l'auberge sur sa face "mort".
  • enterrer un cadavre : placer un de ses cadavres dans une dépendance libre (appartenant à soi ou à un autre joueur) et en profiter pour détrousser le mort et empocher son argent.
  • passer : échanger une partie de sa monnaie (dont le maximum est de 40 Francs) contre des chèque de 10 F. Cela permet de "blanchir" son argent.


Phase 3 : le matin - Divisée en 3 étapes.

  • l'enquête des forces de police : les joueurs ayant au moins un cadavre non enterré en présence de forces de l'ordre devra payer 10 F par cadavre.
  • le départ des voyageurs : les cartes voyageur encore dans l'auberge sont défaussées.
  • le paiement des salaires : pour chaque comparse encore en main, les joueurs devront payer 1 F.


Lorsque le paquet de cartes est entièrement défaussé, on les mélange et on entame la deuxième manche. Au terme de celle-ci, le joueur le plus riche sera le vainqueur.
Les cartes appartiennent à différentes familles (six), dont certaines auront une aptitude particulière utile à la réalisation d'une action et seront remises en main (au lieu d'être défaussées) dans ce cas précis.

Si L'auberge sanglante met en oeuvre des mécanismes connus - payer des cartes pour faire une action - il sera nécessaire de faire quelques parties d'initiation avant de bien maîtriser toutes les interactions et combinaisons possibles entre les cartes.
Car on s'apercevra bien vite que deux actions à chaque tour, c'est très peu. Il faudra donc optimiser ses coups pour éviter d'être débordé et de subir le jeu.
Malgré la simplicité relative de la règle et une dose d'opportunisme non négligeable, l'auberge sanglante offre une profondeur de jeu et une richesse tactique certaines qui, sans rendre les parties trop calculatoires, amèneront tout de même les joueurs (non débutants) à prévoir quelques coups à l'avance. Cependant, le faible nombre des actions possibles rendra le jeu fluide, voire rapide pour des joueurs expérimentés, avec des tours s'enchaînant sans temps mort. Le jeu se bonifiant au fur et à mesure des parties, on n'hésitera pas à en recommencer une autre.

Une fois encore, Pearl Games nous surprend, cette fois-ci avec un jeu dont la politique éditoriale et le choix graphique (glauque mais collant parfaitement au thème), peuvent être dérangeant. Mais pour peu que l'on passe outre ces détails et que l'on s'intéresse à l'aspect ludique, on se retrouvera devant un jeu au thème fort et présent, aux mécanismes fluides, aux parties tendues et, au final, nous apportant un plaisir de jouer indéniable.

A noter :
Le thème du jeu nécessitera de bien choisir ses adversaires. Ce n'est pas un jeu à mettre entre toutes les mains.
Un excellent film de 1951, intitulé L'Auberge rouge illustre le fait divers. Ne ratez pas l'occasion de le voir. L'acteur Fernandel y est magnifique.

Ce jeu s’adresse :
Joueurs confirmés.

Les points positifs :
Parties rapides et tendues une fois le jeu bien maîtrisé,
Un thème fort et présent, servi par des illustrations glauques à souhait et des mécanismes précis.

Réserves :
Thème immoral,
Quelques parties nécessaires avant de bien maîtriser les choix de combinaisons.

Matériel :
Un plateau de jeu représentant l'auberge et des tuiles et jetons en carton épais. Des disques en bois. Un peu plus de 80 cartes de bonne qualité, aux illustrations collant parfaitement au thème.




La fiche du jeu L'auberge sanglante sur le site de l'Association philÔjeux.